Définition du concept :

 

La permaculture, telle qu’elle a été définie par Molisson et Holmgren, est « un système énergétique complet, sûr et durable », « une méthode d’agriculture planifiée, dont le choix, la disposition sur le terrain et la conduite des plantes et des animaux constituent la base ». Il s’agit de concevoir méticuleusement des systèmes agricoles productifs en intégrant et en reliant le mieux possibles tous les éléments du système. Ainsi, on favorise les synergies, on optimise les ressources, on réduit au maximum les dépenses énergétiques (travail, transport, transformations)… En bref, concevoir un système productif exploitant au mieux les caractéristiques des écosystèmes naturels que sont la diversité, la stabilité, la résilience, la forte productivité… Ainsi, dans un système permaculturel, chaque élément remplis plusieurs fonctions, il n’y pas de déchets, le sol s’enrichit, les productions sont multiples, le besoin en travail et en énergie diminué.

Un bref historique :

 

Permaculture, Permanent Agriculture, Agriculture Permanente… Ce terme « Permaculture » a été utilisé pour la première fois par Bill Molisson et David Holmgren, auteurs Australiens des ouvrages Permaculture 1 * et Permaculture 2 **. Les notions d’agriculture permanente avaient naturellement été évoquées avant eux, (les auteurs citent Masanobu Fukuoka et sa philosophie de « l’agriculture sauvage » ou « l’agriculture du non agir » comme source d’inspiration) mais ces deux hommes ont posé les bases d’un concept qui a depuis fait son chemin…

 

Prenons un exemple :

 

Si vous élevez des poules sous un couvert d’arbres et d’arbustes choisis (les poules, on l’oublie souvent, sont des oiseaux forestiers). Les arbres fournissent aux poules nourriture, ombrage, abris pour la nuit… En retour les poules aèrent le sol, fertilisent les arbres, les débarrassent de leurs parasites. Ainsi, vous n’avez pas (ou peu) à nourrir les poules, ni à vous occuper des arbres. Et ce système peut fournir œufs, viande, fruits, bois d’œuvre plus efficacement et en nécessitant moins d’intervention que si arbres et poules avaient été élevés séparément…

 

Comme l’avait si justement observé Darwin dès le XIXème siècle, plus un écosystème est diversifié en nombre d’espèces, plus celui-ci est productif. En fait, le concept de Permaculture n’est pas une invention humaine, c’est la juste compréhension par l’homme que les écosystèmes, fruits de la longue co-évolution des espèces, sont les systèmes les plus aboutis et les plus productifs.

 

D’ailleurs, les systèmes agricoles traditionnels les plus performants s’inspirent de ces principes, parfois sans même en appréhender les mécanismes… Le système agro-sylvo-pastoral français (synergie des haies, des arbres, des prairies, des animaux et des cultures), le système Dong chinois, association heureuse de la riziculture, de la pisciculture et de l’élevage de canards sont de bons exemples parmi d’autres.

 

A l’heure où l’on parle de réduire les intrants, de limiter la consommation d’énergie tout en continuant d’améliorer la productivité de nos exploitations, la philosophie de la Permaculture dessine-t-elle les contours d’une Nouvelle Agriculture ? …

 

 

 

Vous avez dit ... PERMACULTURE ???